Juridiction

Saint-Romain et Saint-Clément Saint-Romain et Saint-Clément

La juridiction civile de ces deux paroisses appartenait avant la révolution à la châtellenie de Bruzac, qui comprenait une dizaine de paroisses : Saint-Pierre, Vaunac (en partie), Saint-Martin-de-Fressengeas, Saint-Romain, Saint-Clément, Chalais, Saint-Paul-la-Roche, Sainte-Marie de Frugie, Villars et peut-être Saint-Jory-de-Chalais. Il y avait toutefois quelques fiefs particuliers, notamment celui du Meyzareau qui appartenait en 1666 à Charles Noël, frère du juge royal de Thiviers. Le château de Bruzac, proche de Saint-Pierre-de-Côle est mentionné sur des parchemins datant de 1269, en fait deux châteaux : « castrum superius inferiusque de Bruzaco », celui ancré sur la motte avait pour nom « Podio Beraldo » et celui du bas « Soleyra ». Au 13ème siècle, la seigneurie de Bruzac est scindée en deux, le château haut reste à la famille Flamenc, le château bas, par suite de mariage, passe à une autre famille ….Puis les deux châteaux sont à nouveau réunis. En 1541, Jean Gontaut, Seigneur de Biron, échange et cède le bas-Bruzac à Geoffroy de la Marthonie, cependant cette famille préfère résider en son château de Saint-Jean-de-Côle. Les juridictions s’enchevêtrent, et en 1691, la Cour ordonne que les juges de Saint-Jean et de Bruzac tiennent leurs audiences en temps différents, a savoir,  « celles de Saint-Jean, le mardi, et Me Antoine Laroque, sieur de Fonclause, juge du bas-Bruzac à Saint-Romain, le mardi à midi,  en un lieu honnête et convenable, et non au cabaret, Jean Audebert, lieutenant de juridiction de Saint-Jean-de-Côle et du Bas-Bruzac, pourra assister, si bon lui semble, aux audiences ; il aura le tiers des procès par écrit, mais il ne pourra exercer sa charge de lieutenant qu’en cas d’absence, récusation ou autres empêchements légitimes dudit Laroque, l’absence ne comptera que 24 heures après son départ »1.
Ce fut Annet de la Marthonie, 3ème fils de Gaston de la Marthonie et de Julie Guiton qui fut l’auteur de la branche des seigneurs de Neuville, de Saint-Clément et de la Salle (en Lempzours), en résidence au Ladoux (en Puy-de-Fourche)2, le marquis de La Marthonie lui céda en plus de son héritage, la Frayssenède (en Saint-Clément), et la justice de la Marthonie et de Maussion (sans droit de nomination des officiers).
Autrefois l’église paroissiale de Saint-Romain et son prieuré, ainsi que l’église de Saint-Clément dépendaient de l’Archiprêtré de Condat.
Sous l’ancien régime, l’impôt perçu était la dîme, droit que les ecclésiastiques avaient de prélever sur certains produits agricoles de leur ministère (le dixième), qui était également divisé en quatre parts destinés, aux prêtres, aux besoins de l’église, aux pauvres et à l’évêque. Cependant les dîmes d’une même paroisse sont malheureusement partagées par plusieurs collateurs.
Une bulle de Célestin III en 1192 place le prieuré de Saint-Jean-de-Côle sous sa protection et lui accorde un certain nombre de bénéfices, Négrondes, Saint-Pierre-de-Côle, Lempzours, Romain, Saint-Clément, le grand-Villars3.
C’est ainsi que nous trouvons pour Saint-Clément4, l’arpentement de « Chez-Bony », qui était du domaine des prieurs de Saint-Jean-de-Côle, celui de « Mortessaigne », indivis entre les chanoines réguliers, de la Marthonie, le Marquis de Beaumont et l’abbé de Peyrouse, celui de la Forêt aux prieurs de Saint-Jean-de-Côle.
A Saint-Romain, l’arpentement de Faugerollas était du domaine du comte de Marquessat5, d’autres dîmes étaient perçues en faveur de Messire Gaston Mousnier, chevalier seigneur de Planeaux6.
L’abbaye de Peyrouse située près de Saint-Saud possédait des tènements sur la paroisse de Saint-Clément ; le 15 mai 1670, un différent oppose Messire Thibaud de Labrousse, seigneur abbé de Peyrouse, seigneur foncier du tènement appelé Saint-Clément, ses dépendances sur lesquelles est due la rente annuelle foncière et directe. Il assigne solidairement Mathieu Vacheyrou dit le Roudier et Pierre Cany, laboureur, comme héritier et bienveillant de Jean Denizet, devant la cour de Périgueux pour non paiement de rente….7 Il restait dû la quantité de froment, quatre boisseaux quatre picotins ; géline, une et demie quart ; argent, quatorze sols dix deniers. La liste des redevables dudit tènement est complète :
Jean de Lhourme sieur de la pomerède, Jean Reynier escuyer, Jean Combaud procureur d’office de Saint-Jean-de-Côle, Pierre Combaud lieutenant de Saint-Jean et du Bas-Bruzac, Pierre Gousbary, Jean Bouyer, Mathieu Vacheyrou, Peyronne Jolivet, Pierre Piquet, Jeanne Mortessaigne femme de Pierre Piquet, Guillou Bouyer, les héritiers de feue Jacquette Bourzet fame de Aubin Desvaux, les héritiers de feu Me Jean Lacombe, Aubin Marty et Anne Bouyer, Marguerite Bouyer femme de Yrieys de Puyraveau, Peyronne Denizet fame de Jean Lespinace, Jean Lespinace, Pierre Denizet, les héritiers de Jean de Mortessaigne, Jean Denizet dit le bigayre, Pierre Mortessaigne, Pierre Giry, Marye Denizet, Me Penot de Mortessaigne praticien, Jean Denizet fils de Pey, Marye Denizet femme de Gouny Farant, les héritiers de feue Bonne Denizet, Marguerite Chousadas, François Chousadas, Pierre Mortessaigne, les héritiers de Pierre Mortessaigne, les héritiers de Ysabeau Dubain, Peyronne Dubain, les héritiers de feu jean Dubain, Jean Bouyer, les héritiers de Pierre Dussoutour, Berny Mortessaigne, Mathieu Mortessaigne, Jean Mortessaigne Me cellier, Jean Bouyet. Le total de la rente du tènement de Saint-Clément s’élevait à huit boisseaux froment, gélines deux, argent trente sols.
Les redevables de l’arpentement de Faugerollas du comte de Marquessat étaient les suivants8 :
Nicolas Dubu, Jean Vacheyrou, Pey Michaud, Berny Michaud, les héritiers de Henry Vacheyrou, Hélies Bloy, Jean Bilhac, Pierre Vacheyrou, les héritiers de Jean Laroque, Etienne Bussière, Jean Delage, Bernard de Jauaneau, la nommée Favalotte, femme Vacheyrou (femme de Lapierre Vacheyrou), Pierre Maigne (praticien), femme Denizet (femme de Jean Vacheyrou), femme Vacheyrou (veuve de ?), Jean Theulier, Pierre Ranouilh.

IV-Topographie et voies de communications.

La superficie des deux paroisses réunies est de 1.380 hectares, composée de terrain primaire, grés de lias, éolithe inférieure et de mollasse.
L’ensemble du territoire des deux paroisses fut réuni par ordonnance royale en date du 21 septembre 1827, à la suite des délibérations prises par les conseils municipaux des communes de Thiviers, Saint-Jean-de-Côle, Saint-Clément et Saint-Romain, l’une refusant d’être réunie à Thiviers, l’autre à Saint-Jean-de-Côle9. Une note de synthèse de la sous-préfecture de Nontron est venue étayer cette demande, considérant que le vœu est positivement appuyé par M. le curé de Thiviers et n’est pas désapprouvé par le desservant de Saint-Jean-de-Côle, et de plus que la commune de Saint-Clément ne renferme pas de sujet capable d’exercer les fonctions de maire, motif qui a engagé l’administration à lui donner un adjoint provisoire .

Ordonnance du Roi.10

Relative à la réunion de la commune de Saint-Clément à celle de Saint-Romain, datée du 4 septembre 1827.
Charles par la grâce de dieu Roi de France et de Navarre à tous ceux que ces présents verront – salut.
Sur rapport de notre ministre secrétaire d’état au département de l’intérieur.
Notre conseil d’état entendu.
Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Article 1er
Les communes de Saint-Romain et Saint-Clément arrondissement de Nontron (Dordogne) sont réunies en une seule, dont le chef-lieu est fixé à Saint-Romain.

Article 2ème
Les communes continueront s’il y a lieu à jouir séparément comme section de communes des droits d’usages et autres qui pourraient leurs appartenir, sans néanmoins pouvoir de dispenser de contribuer en commun aux charges Municipales.

Article 3ème

Nos ministres secrétaires d’état de l’intérieur et des finances sont chargés de l’exécution de la présente ordonnance.
Donné en notre château de Saint-Cloud le 21 septembre mil huit cent vingt sept de l’an de grâce et de notre règne le quatrième.

(Signé) Charles
Par le Roi

Pour le ministre secrétaire d’état au département de l’intérieur et par autorisation spéciale du Roi. Le président du conseil des ministres ;
(Signé) Ph. De Villele

Par ampliation, le secrétaire d’état secrétaire général du ministère de l’intérieur.
(Signé) Baron Capelle.

Pour copie conforme : Le Sous-préfet de Nontron
(Signé) N. Durand Durepaire.

Enregistré à la mairie de Saint-Romain par nous maire de la commune, le vingt huit octobre mil huit cent vingt sept.
(Signé) Ladurantie .

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Ordonnance du roi. 11

Charles par la grâce de dieu, Roi de France et de Navarre à tous ceux que les présents verront- Salut.

Sur rapport de notre ministre secrétaire d’état au département des affaires ecclésiastiques.
Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Article 1er
La commune de Saint-Romain, canton de Thiviers, département de la Dordogne, diocèse de Périgueux est érigée en succursale.

Article 2ème
Notre ministre secrétaire d’état au département des affaires ecclésiastiques est chargé de l’exécution de la présente ordonnance.
Donné en notre château des Tuileries le troisième jour du mois de janvier de l’an de grâce mil huit cent vingt huit et de notre règne le quatrième.

(Signé) Charles
Par le Roi
Le ministre secrétaire d’état au département des affaires ecclésiastiques.

(Signé) d’Homopolis.
Pour ampliation

Le conseiller d’état directeur des affaires ecclésiastiques.

(Signé) Labbe de Lachapelle.

Pour copie conforme Le Préfet du département.
De Jintré.

Enregistré à la mairie de Saint-Romain par nous maire soussigné le 10 février mil huit cent vingt huit.

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Ce territoire est borné par les communes suivantes : à l’est, par Thiviers ; au sud, par Saint-Jean-de-Côle ; au nord, par Saint-Jory-de-Chalais, à l’ouest, par Saint-Martin-de-Fressengeas.
Il est dénombré 34 hameaux ou lieux-dits dans les deux paroisses : Barancle, la Baraque, la Barrière, le Bigeau, le Bost, Bost-Bernard, les Brandes, la Chabanne, Claud-de-Bois, le Dala, le Fagnac, Feuyas, Forêt, Fougéraulas, Fouillarjoux, Fressenède, Grand-Claud, la Grange, Jalager, la Lande, la Lardie, Maizaraud, Petite-Forête, le Peyrou, Pomerède, Pré-Puri, le Prieuré, le Puel, la Richardie, Rochette, les Rochilles, Saint-Clément, la Verdale, la Vergne.
Les habitants de Saint-Romain et Saint-Clément s’appellent romaniclémentiens et romaniclémentiennes, selon le gentilé d’un site internet12.
Le nom occitan de la commune est : Sent Roman e Sent clameç13
L’altitude de la commune est située entre 147 mètres et 268 mètres, le point le plus élevé étant celui situé au Meyzaraud. Les deux paroisses sont séparées par deux collines principales, et sont arrosées dans leurs vallons, pour Saint-Romain, par une rivière la Côle, affluent principal de la Dronne, qui prend sa source dans Firbeix, au lieu-dit « Puisse-Chien » et pour Saint-Clément par un petit ruisseau nommé ruisseau de Paule ou de Bonis ou le capayou, suivant ses résurgences. Ce petit ruisseau qui nait des différentes sources provenant des collines thibériennes se perd après l’église de Saint-Clément dans un trou appelé le « trou de la Gendarenne » ou « trou du gendarme ». Selon une légende très ancienne, un gendarme à cheval se serait noyé dans l’entonnoir provoqué par l’aspiration de l’eau du vide de cet abîme. Le ruisseau sourd de nouveau au lieu-dit « Pierre de Denis » pour venir grossir le débit de la Côle à « chez Capayou », près de Saint-Jean-de-Côle.
Le réseau routier fut amélioré au milieu du 19ème siècle avec la construction de la route départementale N°15 d’Auriac à Angoulème. Le 13 novembre 1839, une délibération du conseil municipal (composée du maire, Laplante Aimé, Vigier, Papon, Martial, Lagrange, Clergeau Aimé, Ladurantie) souhaitait que le tracé de cette route de Saint-Jean-de-Côle à Thiviers, passe par Saint-Romain, pour les raisons suivantes : il y avait des matériaux sur place, il y avait plus de population à desservir, aucune maison n’était touchée, l’arrivée à Thiviers se faisait en pente douce ( Saint-Martin-le Bruzat-Lavergne-Saint-Romain et Chez-Laroche). En passant par Saint-Clément, il y avait trois belles maisons, le tracé passe près d’un précipice (le trou du gendarme), longe un rocher à pic très difficile à creuser et très dangereux pour les futurs voyageurs. Leurs vœux n’ont pas été exaucés puisque cette départementale passe bien par Saint-Clément, il s’agit de la départementale N° 707. Le réseau routier secondaire était inexistant à cette époque, les chemins communaux étaient entretenus par les habitants de la commune ; le 10 mai 1838 le conseil municipal décide pour les dépenses relatives aux chemins de grande communication, de trois journées de prestations en nature à un franc, une journée de bœuf à trois francs, une journée de chevaux de bat à un franc cinquante centimes et pour les bêtes de somme (bourrique et âne) à un franc ; le 25 mai 1851 le conseil municipal décide de deux journées de prestations pour les réparations des chemins vicinaux.

Construite à partir de 1885, la ligne de chemin de fer qui desservait Brive à Angoulême, par Nontron et Thiviers, facilita les déplacements vers le chef-lieu de Canton, la petite gare de Saint-Jean-de-Côle et celle de Thiviers furent d’une grande importance pour les échanges commerciaux vers l’Angoumois et le Limousin. Le milieu du 20ème siècle lui fut fatal, exode rural, arrivée d’autres moyens de locomotions, le conseil municipal, avant la construction de cette ligne, décida dans sa séance du 5 mai 1853, d’exprimer sa reconnaissance  à « M. l’Empereur pour le vaste réseau de chemin de fer dont il a doté le département de la Dordogne », le texte était ainsi rédigé :
A S.M. l’Empereur Napoléon III.
Sire
Le conseil municipal de la commune de Saint-Clément et Saint-Romain, s’est réuni aujourd’hui pour vous témoigner sa vive reconnaissance de l’immense faveur que vous avez accordée au département de la Dordogne en le dotant d’un vaste réseau de chemin de fer qui doit nécessairement le vivifier et lui procurer le grand avantage de communiquer rapidement avec le gouvernement paternel de votre majesté.
Sire
Le conseil municipal vous supplie d’agréer l’assurance de son profond respect et son dévouement sans borne.
Signé : Mortessagne, Nicolas, Papon, Vacheyrou, Clergeaud, Rainaud, Magne-Lalardie, Dédain, Laplante aimé (Maire).
Après 55 années de bons et loyaux services, la ligne Le Quéroy-Pranzac à Thiviers fut fermée au trafic voyageur par décision ministérielle le 27 juin 1940 ; la section comprise entre Nontron et Saint-Pardoux-la Rivière fut déclassée par décret du 7 décembre 1965, déposée et remise à l’administration des Domaines par procès-verbal du 26 juillet 1967. La section de Saint-Pardoux-la Rivière à Thiviers fut fermée au service des marchandises sans service routier de remplacement, par décision ministérielle le 30 octobre 1970.
L’ancienne maison du garde et les terrains attenants, situés sur cette ligne au pn34, cadastrés sur la commune de Saint-Romain et Saint-Clément, furent vendus à Monsieur Gourgousse, aucune collectivité n’étant intéressée par cette acquisition14.